Amélie Detrivière, Championne du monde de padel, nous dit tout !
Interview vidéo exclusive. Au programme : son parcours tennis → padel, ses titres, la compétition après 40 ans, ce qu'on peut piquer aux Espagnols, et ses conseils de coach pour progresser.
On a eu la chance insolente de rencontrer Amélie Detrivière — Top 25 France, Championne du monde +40, capitaine emblématique des seniors+ et ex-joueuse de tennis devenue l’une des références incontournables du padel féminin.
Entre un match amical, un tournoi officiel et un avion, elle nous a accordé un moment pour tout déballer. Au menu : son parcours, ses titres, et surtout ce qu’elle a compris du padel que la plupart d’entre nous mettront dix ans à péniblement intégrer.
Spoiler : on a adoré son expertise, mais on a encore plus vibré pour son énergie et sa passion contagieuse. Installez-vous, découvrez la vidéo complète et notre débrief des phrases qui claquent.
Du tennis au padel, et les « dommages collatéraux »
Amélie vient du tennis. Et, comme beaucoup d’ex-tenniswomen, elle a d’abord regardé le padel d’un œil un peu hautain : pas assez physique, pas assez d’engagement, « je me posais au filet ».
Puis, le choc. Une compétition près de Bordeaux, et c’est le coup de foudre. « J’ai délaissé le tennis pour me consacrer complètement au padel », résume-t-elle.
Ce déclic a même viré à l’expatriation puisqu’elle vit désormais à Malaga, en Andalousie. Un choix de vie mûrement réfléchi ? Elle rigole : « C’est les dommages collatéraux du padel. » Partie là-bas pour passer une année à ne faire que jouer... elle n’en est plus repartie.
Le point palmarès : Le titre dont elle est la plus fière reste celui de Championne du monde +40 par paire, décroché avec Catherine Lalanne à Las Vegas en avril 2022 (l’équipe de France finissant 3e cette année-là). Rien que ça.
« Il y a pas de petite mort de la compétition »
C’est la punchline de cette interview padel, celle qu’on devrait toutes afficher sur notre frigo. À la question fatidique qui nous taraude après trop de bougies soufflées — à 40 ans passés, la compétition, c’est mort ? — sa réponse est directe :
« Il y a pas de petite mort de la compétition. »
Et elle a tous les arguments pour le prouver. Le padel a l’immense avantage de multiplier les compétitions (locales, nationales, internationales). Mieux encore : la Fédération Internationale de Padel (FIP) vient tout juste de lancer le circuit FIP Beyond, entièrement dédié aux amateurs et aux vétérans, avec des catégories +40, +50 et +60. Autrement dit : il n’a jamais été aussi simple de croiser le fer en tournoi.
Mais alors, le corps suit-il toujours à bientôt 47 ans, face à des joueuses qui ont l’indécence d’avoir vingt ans de moins et des articulations d’origine ? « C’est pas un avantage, ça c’est sûr ! », s’amuse Amélie. Le poids des années se fait surtout sentir sur la récupération.
Sa parade ? Pas des heures à soulever de la fonte en salle de muscu, mais une routine quotidienne axée sur la « mobilité » (mouvements de yoga et étirements) et surtout... un cerveau bien connecté : « Il faut être plus maline. » Traduction : viser les bonnes zones tout de suite et laisser l’intelligence de jeu l’emporter sur la fougue.
Ce qu’une joueuse de 40 ans sait (et qu’une de 30 ignore)
On a voulu savoir ce qu’elle sait aujourd’hui et qu’une joueuse de 30 ans ignore encore. Sa réponse fuse, avec un grand sourire : « Que ça va s’améliorer. Qu’il faut être patiente. Le padel, c’est vraiment un jeu de patience. » Et c’est vrai que la quarantaine offre ce brin de sagesse qui fait parfois défaut à la jeunesse.
D’ailleurs, l’erreur numéro un qu’elle observe chez les joueuses qui ne parviennent pas à progresser au padel, c’est précisément ce besoin viscéral de finir le point trop vite.
Le verdict d’Amélie : « On a envie de faire des beaux points, le point un peu champagne, mais ça ne fonctionne pas tout le temps. »
La solution : Pour la joueuse loisir qui veut passer un cap sans y consacrer sa vie, il n’y a qu’un seul mot d’ordre : la régularité. Remettre la balle encore et encore. Il vaut mieux « plutôt parier sur la faute de l’adversaire que sur un winner de sa part. » (Bon, à ce moment précis de l’interview, on s’est senties personnellement visées. On va méditer ça à tête reposée).
L’interview complète avec Amélie Detrivière — Production Padelles.fr
L’énigme de la double vitre
Grâce à son expertise en tant que coach, Amélie pose ici les pieds dans le plat avec franchise. À notre question un poil urticante « les femmes apprennent-elles différemment le padel des hommes ? », elle commence par nous prévenir en riant : « ça va me coûter de le dire »… et nous de l’entendre, mais les faits sont là.
Puis elle lâche le morceau : « Les femmes ont beaucoup plus de mal à s’orienter sur le terrain par rapport aux hommes. » La gestion des rebonds sur les vitres, et plus particulièrement la double vitre, demande souvent un temps d’apprentissage beaucoup plus long aux femmes.
« Anticiper la trajectoire et bien suivre la balle, ça reste une énigme pour longtemps », avoue-t-elle. La bonne nouvelle ? Ce n’est pas une fatalité : ça se soigne très bien avec du temps, des répétitions et, vous l’avez deviné, de la patience, encore. Un casse-tête spacio-temporel qu’Amélie passe d’ailleurs ses journées à décoder avec ses élèves lors de ses stages à Malaga.
Ce qu’on peut piquer aux Espagnols : « una más »
Forcément, on a tenté d’élucider le mystère : pourquoi les Espagnols survolent-ils la planète padel ? Sa réponse est désarmante de simplicité : « Parce que ça fait très longtemps qu’ils jouent ! »
En Espagne, il y a des pistes de padel partout, jusque dans les lotissements les plus lambdas. Les nouvelles générations ont grandi une raquette à la main, pendant que nous découvrions à peine le jeu.
Mais alors, qu’est-ce qu’on peut leur piquer dès notre prochain match ? Leur défense de fer. Cette capacité quasi-militante à « garder la balle dans le terrain coûte que coûte » et à s’arracher sur chaque balle. Là-bas, ça tient en deux mots : « Una más. » Une de plus. Toujours une balle de plus.
Mais attention, pas question de perdre notre identité pour autant : « J’ai envie qu’on garde notre ADN en France d’être assez agressifs. » Le combo parfait pour performer serait donc notre jeu offensif associé à leur muraille défensive. Facile à retenir, moins à conjuguer sur la piste.
« Vas-y ! » : Son message aux indécises
On a gardé la plus belle dose d’énergie pour la fin. À toutes les femmes de 30, 40, 50 ans ou plus qui regardent les pistes de loin sans oser franchir la grille , Amélie balance une invitation qui ne se refuse pas :
« Vas-y ! Faut pas hésiter parce que ça va complètement changer ta vie. »
La sienne a basculé, c’est certain. Et au-delà de la performance purement sportive, c’est l’aspect humain qui la fait vibrer au quotidien : « on rencontre plein de monde assez rapidement », on voyage, « ça ouvre plein d’horizons ». On n’aurait pas pu mieux résumer pourquoi le padel nous passionne tant. Merci Amélie.
Pour suivre et aller s’entraîner avec Amélie, elle organise des stages sur mesure en petits groupes à Malaga — tout passe par son compte Instagram : @amelie_detriviere_padel
Teaser : notre prochaine grande interview sera celle de Marianne Vandaele, joueuse professionnelle FIP 300 et figure incontournable du développement du padel féminin. « Ça va être une belle interview », nous a-t-elle promis. On confirme.
Pour aller plus loin : Débuter le padel à 50 ans, Pourquoi le padel rend accroc, et notre guide Tournois de padel femme : classement, cuts et mode d’emploi.
Sources : interview vidéo Amélie Detrivière pour Padelles.fr ; circuit FIP Beyond — Fédération internationale de padel (FIP), lancé en 2026, catégories amateurs et seniors +40 à +60.






